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24 février 2013

De nouveaux traitements contre les tendinites

AVIS D'EXPERT - La prise en charge des tendinites a progressé,ces dernières années grâce à l'échographie et à l'IRM, explique le rhumatologue Patrick Le Goux, médecin de la Fédération française de tennis etconsultant à l'Insep.

 

Les tendons représentent la courroie mécanique de transmission qui relie les muscles aux différentes articulations du squelette permettant ainsi leur mobilisation. L'apparition d'une tendinite, douleur d'un tendon avec présence de lésions par microtraumatismes répétés en relation avec la pratique sportive tennis, course à pied…) ou les gestes de la vie courante, est fréquente. D'autres facteurs comme le vieillissement existent, et ils peuvent toucher tout individu après 50 ans, parfois avant. Les tendons les plus touchés sont ceux des épaules (coiffe) avec parfois présence de calcifications, des coudes, du genou ou encore de l'arrière-pied (tendon d'Achille). Plus rarement, une tendi­nite peut accompagner ou révéler un rhumatisme inflammatoire (par exemple, gonflement de la gaine des tendons des mains dans la polyarthrite rhumatoïde). Vous pouvez consultez la liste des médecins sur l annuaire santé pour trouver rapidement un docteur proche de chez vous.

La prise en charge thérapeutique des tendinites a progressé, ces dernières années, grâce aux avancées apportées par les explorations d'imagerie que sont l'échographie et l'IRM. L'IRM réalisée dans les formes qui se prolongent (de deux à trois mois) malgré la mise au repos permet non seulement d'apprécier la lésion tendineuse mais aussi l'état de l'os et de l'articulation à proximité de l'insertion tendineuse. Quant à l'échographie, effectuée plus précocement car plus accessible, elle permet de mieux comprendre la na­ture de la lésion évoquée à l'examen clinique et d'affirmer le caractère récent ou chronique de la tendinite.

En cas de douleur musculaire il peut etre interessant de consulter un kinésitherapeute pour lui demander son avis.

Favoriser la cicatrisation des lésions

Ces deux investigations détermineront par exemple: au coude, un simple épaississement du tendon épicondylien, ou une déchirure témoignant d'un stade plus avancé ; au talon, soit une péritendinite du tendon d'Achille, soit des lésions nodulaires, soit des lésions de l'insertion du tendon sur le calcanéum

L'échographie permet de voir comment la lésion évolue et se répare par la recherche d'une augmentation de la chaleur locale (hyperémie), signal retrouvé au Doppler prouvant la présence d'une «néovascularisation» au sein du tendon.

Ainsi, dans le but de favoriser la cicatrisation des lésions des tendons, on identifie en pratique à l'heure actuelle trois types de traitements innovants à impact local: premièrement, certaines techniques de rééducation avec exercices ciblés ont un effet mécanique positif sur le tendon en relançant la vascularisation au niveau des lésions. Le protocole de Stanish, connu depuis de nombreuses années, donne d'excellents résultats. Il s'agit d'exercices d'étirement (1a) combinés à un renforcement musculaire qui permettent au tendon situé en continuité de retrouver un fonctionnement normal à l'effort, par exemple le tendon d'Achille en relation directe avec le mollet.

Deuxième traitement innovant, les ondes de choc ont également un impact phy­sique mécanique avec effet favorable sur la vascularisation et la cicatrisation des tendons. En rhumatologie et médecine du sport, on utilise les  ondes de choc radiales, à application locale et de moyenne énergie, pour traiter les tendons des épaules et des coudes mais surtout le tendon d'Achille et les douleurs de l'aponévrose plantaire. Ces ondes de choc sont produites par des impulsions successives qui sont transmises au tendon traité par l'intermédiaire d'une pièce placée au contact de la peau à l'endroit de la lésion: 2 000 coups environ sont délivrés en quelques minutes à chaque séance (six séances maximum). Il se déclenche localement une libération de substances antalgiques, ainsi qu'un mécanisme de réparation tendineuse.

Un effet antalgique à court et moyen terme

Enfin, la grande nouveauté consiste en la pratique d'injections de plasma enrichi en plaquettes ou PRP, extrait du sang prélevé sur le patient lui-même et réinjecté dans le tendon lésé après centrifugation. Ces injections pratiquées en milieu spécialisé sous contrôle échographique ont une innocuité réelle et induiraient un processus de réparation satisfaisant des tendons lésés grâce aux facteurs de croissance contenus dans les plaquettes. Des évaluations sont toujours en cours pour valider ces traitements, avec notamment une étude contrôlée: injections de PRP versus injections de sérum physiologique.

Le principe d'injecter du PRP dans les tendinites aiguës ou chroniques représenterait une alternative aux infiltrations de corticoïdes, qui, certes, ont un effet antalgique à court et moyen terme mais ne garantissent pas une bonne cicatrisation des lésions et donc leur guérison.

Des questions se posent cependant concernant la variabilité des méthodes d'enrichissement en plaquettes du plasma, le contenu et la concentration optimale en facteurs de croissance, le nombre idéal d'injections à pratiquer (2 à 3) ainsi que la technique adoptée: criblage du tendon ou injection unique («one-shot»).

Enfin, certains produits comme l'acide hyaluronique, déjà largement utilisés en injections dans les articulations pour traiter l'arthrose, commencent à être testés avec succès en injection intratendineuse dans les tendinites…

 

source: Par figaro iconPatrick Le Goux sur lefigaro.fr

 

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